La ligne de Plimsoll (2010)
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Polystyrène choc, MDF, Pyrex, eau distillée, électrolyseur à membrane, câble électrique.
86 x 57 x 60 cm.
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En lieu et place de la fleur qui marque la chute de Narcisse au travers du miroir liquide, une minuscule flamme vibre tel un feu-follet. Née d'une décomposition s'opèrant sous la surface, elle émet une tonalité sonore, comme en écho à la vanité de nos existences.
Je revisite ici un phénomène connu autrefois sous le nom de Voix de feu ou de Flamme chantante, grâce auquel la combustion d'hydrogène à l'intérieur d'un tube de verre produit un son continu évoquant une voix humaine. À côté de cette sorte de tuba par où s'échappe le souffle d'un autre monde, chant des sirènes ou appel du vide, une ligne de vie nous entraîne dans le vertige d'une plongée à travers une eau insondable.
La ligne de Plimsoll, ou marque de franc-bord, est un symbole apposé sur la coque des navires, indiquant la hauteur maximale de la ligne de flottaison, limite au-delà de laquelle ils encourent le risque de sombrer. Mais n'est-ce pas précisément à cet endroit que nous nous situons, suspendus dans un fragile équilibre entre espérance et perspective d'une chute dans le noir ?

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