© f.théry | Vue de l'exposition Deux temps trois mouvements au Grand Cordel, Rennes.

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Sans titre, 2008.
Impression numérique sur verre : 60 x 85 x 0,8 cm. | Etagère blanche : 90 x 25 x 4 cm.
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Projet réalisé en collaboration avec Stanislas Wolff - photographe.
Production : Le Grand Cordel, Rennes, dans le cadre de l’exposition : Deux temps trois mouvements
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Paris, le 16 Novembre 2008.
La maquilleuse installe son matériel.
Commence alors un long processus de métamorphose que je vis intérieurement comme un rite de passage.
Je deviens progressivement le négatif de moi-même.

Mon ami Stanislas Wolff, photographe, fixe les étapes de cette apparition avec un reflex numérique.
Je peux ainsi suivre l’évolution du travail, en pensant à la stupéfaction de Secondo Pia lorsqu’il découvrit en 1898, tandis qu’il développait le tout premier cliché du suaire de Turin, la propriété jusqu’alors insoupçonnée qu’a cette empreinte de se comporter comme un négatif photographique.

Notre image sera imprimée sur verre, à la manière des plaques négatives employées à cette époque.
Il s’agit aussi de lui conférer une certaine présence physique afin qu’elle s’inscrive efficacement dans le lieu et dans le temps.

Ainsi, comme toujours dans mon travail, c’est la lumière qui est la matière première du projet.
Envisagée comme témoin de l’instant présent (de la présence) ou comme signe du vivant (ce qui peut s’éteindre), naturelle ou artificielle, elle relève d’un phénomène inscrit par nature dans une dimension temporelle.

Tout d’abord mise à contribution pour constituer l’écriture de lumière qu’est la photographie, elle est ensuite nécessaire à sa restitution dans le contexte de l’exposition.
En traversant l’image translucide, la lumière procède à son actualisation, autorisant à chaque instant de multiples tirages imaginaires du négatif, comme autant de potentielles ré-inventions de soi-même, de devenirs en puissance, au risque de faire surgir la claire promesse de la mort.

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à voir :
Site de Stanislas Wolf